Visa pour l'Image 2026 : Perpignan, capitale mondiale du photojournalisme
Chaque fin d’été depuis 1989, Perpignan devient la capitale mondiale du photojournalisme. Du 29 août au 13 septembre 2026, Visa pour l’Image revient pour sa 38e édition avec plus de 25 expositions entièrement gratuites, des soirées de projection en plein air et une semaine dédiée aux professionnels. Un rendez-vous absolument incontournable pour tous les amoureux de la photographie documentaire et de l’image de presse.
Le plus grand festival de photojournalisme au monde
Fondé en 1989 par Jean-François Leroy et Delphine Lelu, Visa pour l’Image s’est imposé au fil des décennies comme la référence mondiale du photojournalisme. Plus de 240 000 visiteurs avaient poussé les portes des expositions lors de l’édition 2025, dont 23 000 scolaires. Le festival reste fidèle à sa mission première : rendre accessible à tous, gratuitement, les meilleurs reportages photographiques réalisés aux quatre coins du monde.
Comme le rappelle Pierre Conte, président de l’association Visa pour l’Image : rendre le festival payant serait une faute de goût. Le festival joue un rôle démocratique fondamental, celui de donner accès à l’information visuelle à tous les publics, y compris ceux qui ne fréquentent pas habituellement les institutions culturelles.
Un tour du monde en images : le programme 2026
La 38e édition propose un vaste panorama de l’actualité mondiale à travers des reportages d’une rare puissance. Parmi les 25 expositions confirmées, on retrouve notamment :
Raymond Depardon — une rétrospective du grand photographe français, de la guerre civile libanaise de 1978 à la chute du mur de Berlin en novembre 1989, en passant par les portraits politiques de la France des années 1980. Une plongée dans quarante ans d’histoire du monde vue par l’un des plus grands reporters de sa génération.
Laurent Ballesta — Loin du ciel, une immersion visuelle sous-marine époustouflante entre les requins gris de récif de l’atoll de Fakarava en Polynésie française, les raies diables de mer au large du Mexique et les anémones du golfe du Lion. Une exposition qui réconcilie photojournalisme et photographie naturaliste de haute voltige.
Abdulmonam Eassa — Guerre au Soudan : une nation prise au piège, un témoignage glaçant sur le conflit qui ravage le Soudan depuis avril 2023. Des camps de déplacés du Darfour aux rues d’Omdourman livrées aux combats, une série réalisée pour Le Monde d’une force documentaire rare.
Diego Ibarra Sánchez — Journal de guerre, correspondant pour le New York Times, il documente les frappes israéliennes au Liban jusqu’en mars 2026 : des quartiers dévastés de Beyrouth aux funérailles de victimes civiles dans le sud du pays.
Jérôme Gence — Japon : les mariages virtuels, l’exposition qui a surpris le monde. Des hommes et des femmes qui épousent des personnages fictifs — peluches, hologrammes, personnages de manga — dans des cérémonies organisées par des entreprises spécialisées. Un regard fascinant sur la solitude contemporaine et les nouvelles formes d’attachement.
Gerd Ludwig — Tchernobyl, 40 ans après, un retour photographique sur la zone d’exclusion ukrainienne, des berceaux rouillés de l’hôpital abandonné de Pripyat aux enfants atteints de leucémie à Kiev. Un travail au long cours commencé en 2005 et poursuivi jusqu’en 2023.
Gaël Turine — Brisés par le kush, le récit photographique de l’épidémie de kush — une drogue de synthèse à 30 centimes la dose — qui dévaste Freetown en Sierra Leone et Monrovia au Liberia, plongeant des quartiers entiers dans un chaos de dépendance et de misère.
Robin Tutenges — Fano’s Kingdom, un reportage au cœur de la milice nationaliste Fano qui combat l’armée fédérale éthiopienne dans la région Amhara, depuis les hauteurs du massif du Lasta jusqu’aux église troglodytes de Lalibela.
Jérémy Lempin — L’École de la vie, un reportage social sur l’illettrisme en France, tourné entre Villers-Cotterêts et les associations de remise à niveau du Nord, qui questionne le rapport à la langue et aux droits fondamentaux.
Michael Yamashita — une rétrospective sur la Chine des années 1990 à 2002, entre tradition et modernité, écoles d’élite et routes de la soie.
Mohammad Yassine — correspondant de L’Orient-Le Jour, ses images du Liban en guerre au printemps 2026 témoignent de l’intensification des frappes israéliennes sur Beyrouth, des quartiers de Jnah à Khandaq al-Ghamik.
Et encore : un reportage sur l’exil des mineurs guinéens (Boza free, Lequeux), la vente de fillettes en Afghanistan pour survivre aux sécheresses (Blanchard), la guerre au Cambodge, la résistance dans le Donbass ukrainien, la crise en Afrique du Sud vue par Étienne Montès ou encore les reportages de Paolo Roversi sur l’Inde.
Les soirées de projection au Campo Santo
L’une des expériences les plus marquantes du festival reste les soirées de projection en plein air dans le Campo Santo, le somptueux cloître médiéval du cœur de Perpignan. Chaque soir pendant la semaine professionnelle (31 août – 5 septembre), les reportages en compétition sont projetés grandeur nature devant un public venu du monde entier. Une expérience collective et émotionnelle unique, à la croisée du cinéma documentaire et de l’exposition photographique.
Une semaine professionnelle et des prix prestigieux
Du 31 août au 5 septembre 2026, Perpignan accueille les professionnels de l’image du monde entier : agences photographiques, rédactions, éditeurs, directeurs artistiques. Le Canon Lounge, espace dédié aux rencontres professionnelles, est le cœur battant de cette semaine d’échanges. Des lectures de portfolios, des tables rondes et des ateliers complètent la programmation.
Plusieurs prix sont décernés pendant le festival, dont deux bourses de production de 8 000 euros chacune destinées à des femmes photographes, co-organisées avec le ministère de la Culture depuis 2020, et le Prix Douglas Kirkland doté de 1 500 euros, ouvert à tous les photographes souhaitant présenter un reportage.
Les semaines scolaires : transmettre l’information par l’image
Visa pour l’Image accorde une place centrale à la médiation auprès du jeune public. Des semaines scolaires sont organisées spécifiquement pour les groupes, avec des expositions commentées par les photographes eux-mêmes, Jean-François Leroy et Delphine Lelu. En 2025, 23 000 élèves avaient participé à ces visites guidées.
Les lieux emblématiques de Perpignan
Les expositions investissent les plus beaux monuments historiques de Perpignan : le Couvent des Minimes, qui accueille la majorité des expositions (14 sur 18 répertoriées), et l’Église des Dominicains pour les expositions les plus sensibles. Les œuvres sont visibles tous les jours de 10h à 20h, en entrée libre.
Pour ceux qui ne peuvent pas se rendre à Perpignan, une visite virtuelle de la majorité des expositions est accessible sur le site officiel du festival.
Informations pratiques
Dates : 29 août – 13 septembre 2026
Semaine professionnelle : 31 août – 5 septembre 2026
Horaires : tous les jours de 10h à 20h
Lieu : Perpignan (Pyrénées-Orientales, Occitanie)
Entrée : Gratuite pour toutes les expositions
Site officiel : visapourlimage.com
Crédit photo : Photo de @hilderose unsplash
